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Toxoplasmose et Grossesse : Risques, Prévention et Sérologie

Sérologie, aliments à éviter, chat et litière, risques pour le bébé selon le trimestre : tout comprendre sur la toxoplasmose pendant la grossesse et les recommandations officielles pour s'en protéger.

Sources médicales
Recommandations officielles
Mis à jour 2026

La toxoplasmose est une infection causée par le parasite Toxoplasma gondii, généralement bénigne chez l'adulte mais potentiellement grave pour le fœtus. En France, une sérologie est réalisée en début de grossesse et chaque mois si vous n'êtes pas immunisée.

La prévention repose sur la cuisson complète des viandes, le lavage soigneux des fruits et légumes, et l'éviction du contact avec la litière du chat.

Sommaire

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Point clé à retenir

Si votre sérologie de toxoplasmose est négative (IgG- / IgM-), vous n'êtes pas immunisée. Vous devez appliquer strictement les mesures de prévention alimentaire et d'hygiène pendant toute la durée de votre grossesse. Un contrôle sérologique mensuel sera prescrit par votre médecin ou sage-femme.

Qu'est-ce que la toxoplasmose ?

La toxoplasmose est une infection parasitaire causée par Toxoplasma gondii, un protozoaire intracellulaire obligatoire découvert en 1908 à l'Institut Pasteur de Tunis. Ce parasite est l'un des plus répandus au monde : on estime qu'environ un tiers de la population mondiale est infectée.

Chez une personne en bonne santé et non enceinte, la toxoplasmose passe le plus souvent inaperçue ou provoque des symptômes légers ressemblant à un syndrome grippal : fatigue persistante, ganglions gonflés (en particulier dans le cou), légère fièvre et douleurs musculaires. Ces signes disparaissent spontanément en quelques semaines.

Après l'infection, le parasite reste dans l'organisme sous forme de kystes dormants (bradyzoïtes) dans les muscles et le cerveau, et le système immunitaire le maintient sous contrôle tout au long de la vie. Cette infection latente est généralement sans conséquence.

Le problème survient dans deux situations : lorsque l'infection touche une femme enceinte non immunisée (le parasite peut traverser le placenta et atteindre le fœtus) et lorsqu'une personne est immunodéprimée (les kystes dormants peuvent se réactiver).

Le cycle du toxoplasme en bref

Le chat est l'hôte définitif du parasite : c'est le seul animal chez qui Toxoplasma gondii peut accomplir son cycle sexué et produire des oocystes (formes de résistance) éliminés dans les selles.

Les autres animaux à sang chaud (moutons, porcs, bœufs, oiseaux, rongeurs) sont des hôtes intermédiaires qui hébergent des kystes tissulaires dans leurs muscles. L'homme est un hôte intermédiaire accidentel.

Quelques chiffres en France

Pourquoi la toxoplasmose est-elle dangereuse pendant la grossesse ?

Lorsqu'une femme enceinte contracte la toxoplasmose pour la première fois pendant sa grossesse (on parle de primo-infection), le parasite circule dans son sang sous forme de tachyzoïtes (forme active et invasive) avant que son système immunitaire ne produise des anticorps protecteurs.

Pendant cette phase de parasitémie, Toxoplasma gondii peut traverser la barrière placentaire et infecter le fœtus. Le placenta n'est pas une barrière imperméable au toxoplasme, et le système immunitaire fœtal, encore immature, ne peut pas combattre efficacement le parasite.

C'est ce qu'on appelle la toxoplasmose congénitale. Ses conséquences varient considérablement selon le moment de la grossesse où survient l'infection. Le risque suit un double gradient paradoxal :

Seule la primo-infection est dangereuse

Si vous avez déjà été infectée avant la grossesse (IgG positives), vous êtes immunisée. Votre immunité acquise protège le fœtus. Le risque de réactivation est quasi nul chez une femme immunocompétente.

Seule une première infection contractée pendant la grossesse représente un danger pour le bébé. C'est pourquoi la sérologie en tout début de grossesse est fondamentale pour déterminer votre statut immunitaire.

En France, la séroprévalence (proportion de femmes immunisées) a considérablement diminué au cours des dernières décennies grâce à l'amélioration des conditions d'hygiène et au changement des habitudes alimentaires. Elle est passée d'environ 80 % dans les années 1960 à environ 37 % en 2010 (données InVS/Santé publique France). Cela signifie qu'aujourd'hui, près de deux femmes enceintes sur trois ne sont pas immunisées et doivent appliquer scrupuleusement les mesures de prévention.

Quels sont les risques pour le bébé selon le trimestre ?

Le paradoxe de la toxoplasmose congénitale est le suivant : plus l'infection survient tôt dans la grossesse, plus les conséquences sont graves, mais moins la transmission est fréquente. Inversement, plus l'infection est tardive, plus la transmission est probable, mais les atteintes sont généralement moins sévères.

Trimestre Taux de transmission Gravité des atteintes Conséquences possibles
1er trimestre 5-15 % Très sévères Fausse couche, mort in utero, hydrocéphalie, calcifications cérébrales, retard mental sévère
2e trimestre 25-45 % Modérées à sévères Choriorétinite, calcifications intracrâniennes, hépatosplénomégalie, ictère néonatal
3e trimestre 60-80 % Légères à modérées Formes infracliniques (asymptomatiques), choriorétinite tardive, rarement symptomatique à la naissance

Atteintes oculaires (choriorétinite)

La choriorétinite toxoplasmique est la complication la plus fréquente de la toxoplasmose congénitale, touchant environ 20 à 30 % des enfants infectés in utero. Elle résulte de l'inflammation et de la destruction des cellules de la rétine par le parasite.

Elle peut survenir à la naissance ou se manifester des années, voire des décennies plus tard (formes tardives de réactivation). La choriorétinite peut entraîner une baisse de l'acuité visuelle, des scotomes (taches dans le champ visuel) voire une cécité partielle si la macula est touchée. Un suivi ophtalmologique régulier est indispensable pendant l'enfance, l'adolescence et même à l'âge adulte.

Atteintes neurologiques

Les formes graves, survenant principalement lors d'infections du premier trimestre, peuvent provoquer une hydrocéphalie (accumulation anormale de liquide céphalo-rachidien dans les ventricules cérébraux), des calcifications intracrâniennes visibles à l'imagerie et un retard psychomoteur sévère. La triade classique de Sabin (hydrocéphalie, calcifications intracrâniennes, choriorétinite) caractérise les formes les plus sévères.

Fort heureusement, ces formes graves sont devenues exceptionnelles en France grâce au programme de dépistage sérologique systématique et au traitement précoce en cas de séroconversion.

Un pronostic global rassurant

Grâce au programme français de dépistage sérologique mensuel et à la prise en charge précoce, la grande majorité des toxoplasmoses congénitales diagnostiquées en France sont des formes bénignes ou infracliniques. Sur les 200 à 300 cas annuels, les formes neurologiques sévères représentent moins de 5 % des cas.

Comment se transmet la toxoplasmose ?

La toxoplasmose se transmet à l'homme par trois voies principales. Connaître ces modes de transmission est essentiel pour adopter les bonnes mesures de prévention.

1. Ingestion de viande contaminée insuffisamment cuite

C'est la voie de contamination la plus fréquente en Europe et en France. Les kystes de Toxoplasma gondii (contenant des bradyzoïtes) sont présents dans les muscles de nombreux animaux : mouton, porc, bœuf, gibier (sanglier, cerf, chevreuil), volaille et même cheval. L'agneau et le mouton sont les espèces les plus fréquemment porteuses (jusqu'à 65 % des animaux élevés en plein air).

La cuisson à cœur (au-delà de 67°C) détruit les kystes. La congélation prolongée à -18°C pendant au moins 3 jours les élimine également. En revanche, le fumage, le salage et le séchage ne garantissent pas leur destruction.

2. Ingestion d'oocystes présents dans l'environnement

Les oocystes sont les formes de résistance du parasite éliminées dans les selles des chats infectés. Extrêmement résistants, ils peuvent survivre dans le sol, l'eau et sur les végétaux pendant jusqu'à 18 mois dans des conditions favorables (sol humide, température modérée).

La contamination survient par ingestion de terre souillée (mains portées à la bouche après jardinage), de fruits ou légumes crus insuffisamment lavés (salades, fraises, radis, herbes aromatiques du jardin), ou d'eau non traitée contaminée.

3. Contact avec la litière d'un chat infecté

Un chat qui vient de s'infecter pour la première fois excrète des millions d'oocystes dans ses selles pendant 1 à 3 semaines. Les oocystes fraîchement émis ne sont pas immédiatement infectieux : ils nécessitent une maturation de 1 à 5 jours dans l'environnement (sporulation) pour devenir dangereux.

C'est pourquoi le nettoyage quotidien de la litière est une mesure préventive très efficace : en retirant les selles avant que les oocystes ne sporulent, on élimine le risque d'infection.

Le saviez-vous ?

La contamination par le chat est en réalité moins fréquente qu'on ne le pense. Les études épidémiologiques (notamment Cook et al., 2000) montrent que la consommation de viande insuffisamment cuite et le contact avec la terre (jardinage sans gants) sont les deux principales sources de contamination en Europe, bien avant le contact avec les chats.

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La sérologie de toxoplasmose : comprendre les résultats

La sérologie de toxoplasmose est un examen sanguin qui recherche les anticorps (immunoglobulines) dirigés contre Toxoplasma gondii. Elle est obligatoire en France lors de la première consultation prénatale (décret du 14 février 1992) et fait partie du bilan prénatal de toute femme enceinte.

L'objectif est double : déterminer si la femme est immunisée (et donc protégée) ou si elle est exposée au risque de primo-infection pendant sa grossesse.

Les deux types d'anticorps recherchés

Tableau d'interprétation de la sérologie

IgG IgM Interprétation Conduite à tenir
Négatives Négatives Pas d'immunité, jamais infectée Sérologie mensuelle obligatoire + mesures de prévention strictes pendant toute la grossesse
Positives Négatives Immunité ancienne acquise avant la grossesse Aucune surveillance supplémentaire nécessaire, pas de risque pour le fœtus
Positives Positives Infection récente possible ou IgM résiduelles d'une infection ancienne Test d'avidité des IgG indispensable pour dater l'infection
Négatives Positives Infection très récente (IgG pas encore apparues) ou faux positif IgM Contrôle sérologique à 2-3 semaines, avis spécialisé urgent

Le test d'avidité des IgG

Lorsque les IgG et IgM sont toutes deux positives, le test d'avidité permet de dater approximativement l'infection. L'avidité mesure la force de liaison entre les anticorps IgG et l'antigène.

Une avidité forte (> 30-40 % selon les laboratoires) indique que les IgG sont matures, donc que l'infection date de plus de 4 mois. Si cette infection est antérieure au début de la grossesse, il n'y a pas de risque pour le fœtus.

Une avidité faible suggère une infection récente et nécessite une prise en charge spécialisée urgente.

Le suivi sérologique mensuel

Si la première sérologie est négative (IgG- / IgM-), un contrôle mensuel est prescrit jusqu'à l'accouchement et même lors de la consultation post-natale. L'objectif est de détecter rapidement une éventuelle séroconversion (apparition des anticorps) pour mettre en place un traitement le plus précocement possible.

Ce suivi mensuel est une spécificité du programme français de prévention de la toxoplasmose congénitale, considéré comme l'un des plus rigoureux au monde. Il permet de réduire le délai entre l'infection et le début du traitement, ce qui améliore significativement le pronostic.

Quels aliments éviter quand on n'est pas immunisée ?

Si votre sérologie est négative, vous devez être particulièrement vigilante avec les aliments susceptibles de contenir des kystes de Toxoplasma gondii ou des oocystes. Voici les règles alimentaires essentielles classées par catégorie.

Aliment Statut Précautions
Viande saignante / crue Interdit Toujours cuire à cœur (67°C minimum, viande grise à cœur)
Steak tartare, carpaccio Interdit Viande crue, risque majeur de contamination
Saucisson sec, coppa, bresaola Interdit Charcuterie crue, le séchage ne détruit pas les kystes
Jambon cru (Parme, Bayonne, Serrano) Interdit Non cuit, le salage et l'affinage sont insuffisants
Foie gras mi-cuit Interdit Température de cuisson insuffisante pour détruire les kystes
Agneau / mouton Bien cuit uniquement Espèce la plus souvent porteuse, cuisson à cœur impérative
Porc Bien cuit uniquement Cuisson à cœur obligatoire, jamais rosé
Gibier (sanglier, cerf, chevreuil) Bien cuit uniquement Risque élevé, cuisson prolongée nécessaire
Bœuf Bien cuit uniquement Prévalence plus faible mais cuisson à cœur recommandée
Fruits et légumes crus Lavage rigoureux Laver abondamment sous l'eau courante, peler si possible
Herbes aromatiques fraîches Lavage rigoureux Bien rincer feuille par feuille sous l'eau courante
Coquillages crus (huîtres, moules crues) Interdit Risque de contamination par oocystes filtrés en milieu marin
Lait de chèvre cru Interdit Transmission possible par tachyzoïtes dans le lait
Jambon blanc / cuit Autorisé La cuisson industrielle détruit les kystes
Viande bien cuite à cœur Autorisé Température interne supérieure à 67°C
Légumes cuits Autorisé La cuisson détruit les oocystes

Températures de cuisson pour détruire le toxoplasme

Méthode Température / Durée Efficacité
Cuisson à cœur 67°C minimum au centre de la pièce Destruction complète des kystes tissulaires
Cuisson bien cuit 71°C et plus à cœur Destruction garantie, marge de sécurité
Rôtissage / grillage Vérifier la température interne au thermomètre Fiable si température atteinte à cœur
Congélation domestique -18°C pendant 3 jours minimum Détruit les kystes (mais pas les oocystes sur les végétaux)
Congélation industrielle -20°C pendant 48 heures Destruction efficace des kystes tissulaires
Micro-ondes seul Cuisson hétérogène, zones froides Non fiable, déconseillé comme seul mode de cuisson
Fumage, salaison, séchage Variable selon les procédés Insuffisant pour garantir la destruction des kystes

Congélation et oocystes : attention

La congélation domestique détruit efficacement les kystes tissulaires présents dans la viande, mais elle ne détruit pas les oocystes présents sur les fruits, les légumes et dans la terre. Les oocystes sont extrêmement résistants et peuvent survivre à des températures négatives.

Le lavage soigneux et abondant des végétaux crus reste donc indispensable, même si les aliments ont été congelés.

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Chat et grossesse : quelles précautions ?

La question du chat est l'une des plus fréquentes et les plus anxiogènes chez les femmes enceintes. Rassurez-vous : il n'est absolument pas nécessaire de se séparer de son chat. Il suffit de prendre quelques précautions simples et de bon sens.

Pourquoi le chat est-il impliqué ?

Le chat domestique (Felis catus) est le seul animal chez qui Toxoplasma gondii peut accomplir son cycle de reproduction sexuée dans l'intestin. Lorsqu'un chat s'infecte pour la première fois (généralement en mangeant une proie contaminée comme une souris ou un oiseau), il excrète des millions d'oocystes dans ses selles pendant une période de 1 à 3 semaines.

Après cette primo-infection, le chat développe une immunité et n'excrète plus (ou très rarement) d'oocystes. C'est donc principalement les jeunes chats ou les chats qui viennent de s'infecter qui représentent un risque.

Les oocystes fraîchement émis dans les selles ne sont pas immédiatement infectieux. Ils doivent subir une maturation (sporulation) dans l'environnement pendant 1 à 5 jours avant de devenir dangereux. C'est pourquoi le nettoyage quotidien de la litière est une mesure particulièrement efficace.

Précautions à prendre avec votre chat

Chat d'intérieur = risque très faible

Un chat vivant exclusivement en intérieur et nourri uniquement avec des aliments industriels (croquettes, pâtée) a un risque quasi nul d'être porteur du toxoplasme. Il n'a aucune occasion de s'infecter s'il ne chasse pas et ne consomme pas de viande crue.

Le risque concerne principalement les chats qui sortent et chassent (souris, oiseaux, lézards). De plus, même un chat chasseur ne peut excréter des oocystes que lors de sa première infection, pendant 1 à 3 semaines seulement au cours de sa vie.

Le contact direct avec le chat n'est pas un risque

Caresser votre chat, le porter dans vos bras ou dormir près de lui ne transmet pas la toxoplasmose. Le parasite se transmet uniquement par ingestion d'oocystes (présents dans les selles) ou de kystes (présents dans la viande). Les griffures et les morsures ne transmettent pas non plus le toxoplasme.

Règles d'hygiène pour prévenir la toxoplasmose

Au-delà de l'alimentation et des précautions liées au chat, des mesures d'hygiène simples mais systématiques permettent de réduire considérablement le risque de contamination par Toxoplasma gondii.

Gestes de prévention au quotidien

Le vinaigre et l'eau de Javel ne suffisent pas

Contrairement à une idée très répandue, le vinaigre blanc, l'eau de Javel et les désinfectants ménagers ne détruisent pas les oocystes de Toxoplasma gondii. Les oocystes sporulés possèdent une paroi extrêmement résistante.

Seuls le lavage abondant à l'eau courante (pour éliminer mécaniquement les oocystes de la surface des aliments), la cuisson (> 67°C) et la dessiccation prolongée sont réellement efficaces.

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Que faire en cas de séroconversion ?

La séroconversion désigne l'apparition d'anticorps (IgG et/ou IgM) chez une femme dont la sérologie était auparavant négative. Cela signifie qu'une infection par Toxoplasma gondii a eu lieu pendant la grossesse. Bien que ce diagnostic soit anxiogène, une prise en charge rapide et adaptée permet d'obtenir des résultats favorables dans la grande majorité des cas.

1. Confirmation du diagnostic

Le laboratoire réalise un test d'avidité des IgG et un contrôle sur un deuxième prélèvement sanguin (à 2-3 semaines d'intervalle) pour confirmer la séroconversion, quantifier l'ascension des anticorps et tenter de dater l'infection le plus précisément possible. La femme est orientée vers un centre de référence (CPDPN ou service de médecine fœtale).

2. Mise en route du traitement antiparasitaire

Un traitement par spiramycine (Rovamycine, 9 millions d'UI/jour en 3 prises) est instauré sans attendre les résultats de confirmation. Cet antibiotique de la famille des macrolides se concentre dans le placenta et réduit le risque de transmission materno-fœtale d'environ 50 à 60 %. Il est bien toléré et n'a pas d'effets tératogènes connus.

3. Recherche de l'infection fœtale par amniocentèse

Une amniocentèse peut être proposée à partir de 18 SA (semaines d'aménorrhée) et au moins 4 semaines après la date présumée de l'infection maternelle. La recherche de l'ADN du parasite par PCR (réaction en chaîne par polymérase) dans le liquide amniotique est l'examen de référence pour savoir si le fœtus a été infecté.

La sensibilité de la PCR sur liquide amniotique est d'environ 90 à 95 %, avec une spécificité proche de 100 %. Un résultat négatif est donc très rassurant, même s'il ne permet pas d'exclure totalement l'infection.

4. Adaptation du traitement selon les résultats

5. Surveillance échographique renforcée

Des échographies rapprochées (toutes les 2 à 4 semaines) sont réalisées pour rechercher des signes d'atteinte fœtale : dilatation des ventricules cérébraux, calcifications intracrâniennes, hépatosplénomégalie (augmentation du volume du foie et de la rate), ascite (liquide dans l'abdomen), épaississement placentaire.

6. Suivi postnatal de l'enfant

Après la naissance, un bilan néonatal complet est réalisé : sérologie du nouveau-né (recherche d'IgM et IgA spécifiques), fond d'œil, échographie transfontanellaire (ETF). Un suivi prolongé est ensuite mis en place pendant au moins 12 à 24 mois, avec des contrôles sérologiques et des examens ophtalmologiques réguliers.

Un pronostic globalement favorable avec traitement

Les études montrent que le traitement prénatal précoce réduit significativement le risque de séquelles, notamment oculaires et neurologiques. En France, grâce au dépistage mensuel et à la prise en charge rapide, plus de 90 % des cas de toxoplasmose congénitale diagnostiqués ont une évolution favorable, avec des enfants qui se développent normalement.

Recommandations officielles (HAS, CNGOF, ANSES)

HAS (Haute Autorité de Santé)

La HAS recommande le dépistage sérologique systématique de la toxoplasmose en début de grossesse (lors de la première consultation prénatale, idéalement avant 10 SA). Pour les femmes non immunisées, un contrôle mensuel est prescrit jusqu'à l'accouchement inclus, puis un dernier contrôle lors de la visite post-natale.

La HAS insiste sur l'importance de l'information et de l'éducation des femmes enceintes séronégatives concernant les mesures de prévention alimentaire et d'hygiène. Elle recommande que cette information soit délivrée de manière claire et compréhensible, par oral et par écrit.

CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français)

ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire)

L'ANSES souligne l'importance de la maîtrise du risque alimentaire dans la prévention de la toxoplasmose. L'agence rappelle dans sa fiche de danger sur Toxoplasma gondii (2019) que :

Recommandations internationales : des approches divergentes

Le dépistage systématique de la toxoplasmose pendant la grossesse n'est pas pratiqué dans tous les pays. La France et l'Autriche sont parmi les rares pays à disposer d'un programme de dépistage sérologique systématique et mensuel. Cette politique a permis de réduire considérablement l'incidence des formes graves de toxoplasmose congénitale.

Au Royaume-Uni et aux États-Unis, le dépistage n'est pas systématique. Les recommandations se concentrent principalement sur la prévention primaire (mesures d'hygiène alimentaire) et le dépistage n'est proposé qu'en cas de suspicion clinique. Ce choix repose sur des analyses coût-efficacité différentes et sur une séroprévalence plus faible dans ces pays.

Résumé : les points essentiels à retenir

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Sources scientifiques et références médicales

Études scientifiques

  1. Montoya JG, Liesenfeld O. "Toxoplasmosis." The Lancet. 2004;363(9425):1965-1976.
    DOI: 10.1016/S0140-6736(04)16412-X — PMID: 15194258
  2. SYROCOT (Systematic Review on Congenital Toxoplasmosis) study group. "Effectiveness of prenatal treatment for congenital toxoplasmosis: a meta-analysis of individual patients' data." The Lancet. 2007;369(9556):115-122.
    DOI: 10.1016/S0140-6736(07)60072-5 — PMID: 17223474
  3. Dunn D, Wallon M, Peyron F, et al. "Mother-to-child transmission of toxoplasmosis: risk estimates for clinical counselling." The Lancet. 1999;353(9167):1829-1833.
    DOI: 10.1016/S0140-6736(98)08220-8 — PMID: 10359407
  4. Villena I, Ancelle T, Delmas C, et al. "Congenital toxoplasmosis in France in 2007: first results from a national surveillance system." Eurosurveillance. 2010;15(25):19600.
    PMID: 20587361
  5. Cook AJC, Gilbert RE, Buffolano W, et al. "Sources of toxoplasma infection in pregnant women: European multicentre case-control study." BMJ. 2000;321(7254):142-147.
    DOI: 10.1136/bmj.321.7254.142 — PMID: 10894691
  6. Wallon M, Peyron F, Cornu C, et al. "Congenital toxoplasma infection: monthly prenatal screening decreases transmission rate and improves clinical outcome at age 3 years." Clin Infect Dis. 2013;56(9):1223-1231.
    DOI: 10.1093/cid/cit032 — PMID: 23362291

Recommandations officielles

  1. HAS — "Surveillance sérologique et prévention de la toxoplasmose et de la rubéole au cours de la grossesse et dépistage prénatal de l'hépatite B." Recommandations de bonne pratique.
    www.has-sante.fr
  2. CNGOF — "Recommandations pour la pratique clinique : toxoplasmose et grossesse." Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français.
    www.cngof.fr
  3. ANSES — "Fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments : Toxoplasma gondii." Agence nationale de sécurité sanitaire, 2019.
    www.anses.fr
  4. Centre National de Référence de la Toxoplasmose — Données épidémiologiques annuelles et protocoles de prise en charge. CHU de Reims.
    cnr-toxoplasmose.chu-reims.fr

Note importante : Cet article a été rédigé à des fins d'information et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale. Consultez toujours votre médecin, gynécologue ou sage-femme pour des conseils personnalisés, notamment en cas de séroconversion ou de doute sur votre statut immunitaire vis-à-vis de la toxoplasmose.

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