Édulcorants Artificiels et Grossesse : Aspartame, Saccharine, Sucralose
Guide complet sur les substituts de sucre pendant la grossesse : risques, doses admissibles et recommandations officielles
Principe de précaution
Même si la plupart des édulcorants sont approuvés par les autorités sanitaires, le principe de précaution recommande de limiter leur consommation pendant la grossesse. Les données sur leurs effets à long terme sur le développement fœtal restent limitées et parfois contradictoires.
Que sont les édulcorants artificiels ?
Les édulcorants artificiels, aussi appelés édulcorants de synthèse ou faux sucres, sont des substances chimiques conçues pour apporter un goût sucré aux aliments et boissons sans (ou avec très peu de) calories.
Leur pouvoir sucrant est souvent bien supérieur à celui du sucre classique (saccharose) : de 30 fois plus sucrant (cyclamate) à 600 fois plus sucrant (sucralose), ce qui permet d'en utiliser de très petites quantités.
Pourquoi sont-ils utilisés ?
- Réduction calorique : permettent de sucrer sans apporter de calories (important pour le contrôle du poids)
- Diabète : ne font pas monter la glycémie (contrairement au sucre)
- Santé dentaire : ne favorisent pas les caries
- Coût : moins chers que le sucre à pouvoir sucrant équivalent
Les principaux types d'édulcorants et leurs codes E
En Europe, les édulcorants sont identifiés par des codes E (additifs alimentaires). Voici les plus courants :
| Édulcorant |
Code européen |
Noms commerciaux |
Pouvoir sucrant (vs sucre) |
| Aspartame |
E951 |
NutraSweet, Equal, Canderel |
200x |
| Acesulfame-K |
E950 |
Sunett, Sweet One |
200x |
| Saccharine |
E954 |
Sweet'N Low, Hermesetas |
300-400x |
| Sucralose |
E955 |
Splenda |
600x |
| Cyclamate |
E952 |
Sucaryl (interdit aux USA) |
30-50x |
| Stevia (glycosides) |
E960 |
Truvia, Pure Via, Stevia |
200-300x |
Pourquoi les édulcorants soulèvent-ils des inquiétudes pendant la grossesse ?
Transfert placentaire
La plupart des édulcorants artificiels traversent la barrière placentaire et peuvent donc atteindre le fœtus. Bien que cela ne signifie pas automatiquement qu'ils sont dangereux, cela pose des questions sur leurs effets potentiels sur le développement fœtal.
Données scientifiques limitées et contradictoires
Contrairement à des substances comme l'alcool ou le tabac, pour lesquelles les preuves de nocivité sont écrasantes, les études sur les édulcorants pendant la grossesse donnent des résultats variables :
- Études animales : certaines montrent des effets néfastes à très fortes doses, mais ces doses sont souvent bien supérieures à la consommation humaine réaliste
- Études épidémiologiques humaines : résultats parfois contradictoires, avec des biais possibles (femmes consommant des édulcorants souvent différentes de celles qui n'en consomment pas)
- Manque d'études à long terme : peu de données sur les effets développementaux à long terme (santé métabolique, neurodéveloppement)
Aspartame (E951) : le plus étudié et le plus controversé
L'aspartame est l'édulcorant artificiel le plus consommé au monde. On le trouve dans des milliers de produits : sodas light, chewing-gums sans sucre, yaourts 0%, desserts allégés, médicaments.
Position des autorités sanitaires
FDA (États-Unis) et EFSA (Europe) considèrent l'aspartame comme sûr aux doses normales de consommation, y compris pour les femmes enceintes.
La Dose Journalière Admissible (DJA) fixée par l'EFSA est de 40 mg/kg de poids corporel par jour.
Exemple de calcul de DJA
Pour une femme enceinte de 65 kg :
- DJA = 65 kg × 40 mg/kg = 2 600 mg d'aspartame par jour
- Une canette de soda light (330 ml) contient environ 180 mg d'aspartame
- Il faudrait donc boire 14 canettes par jour pour atteindre la DJA
Conclusion : la DJA est très difficile à atteindre avec une consommation normale.
Études scientifiques récentes et controverses
Études suggérant des préoccupations
- Étude canadienne (2016) : association entre consommation de boissons édulcorées artificiellement pendant la grossesse et risque accru de surpoids chez l'enfant à 1 an (Azad MB et al., JAMA Pediatrics, 2016. DOI: 10.1001/jamapediatrics.2016.0301)
- Études animales : certaines suggèrent des modifications du microbiote intestinal et du métabolisme du glucose
- Classification OMS 2023 : aspartame classé "possiblement cancérogène pour l'homme" (groupe 2B), mais aux doses très élevées - la DJA n'a pas été modifiée
Études rassurantes
- Revue systématique EFSA (2013, réaffirmée 2021) : aucun risque identifié aux doses normales de consommation
- Étude de cohorte danoise : pas d'association entre consommation modérée d'aspartame et issues défavorables de grossesse
Cas particulier : aspartame et phénylcétonurie (PCU)
Contre-indication absolue
Si vous êtes atteinte de phénylcétonurie (PCU), vous DEVEZ éviter totalement l'aspartame.
L'aspartame contient de la phénylalanine, un acide aminé que les personnes atteintes de PCU ne peuvent pas métaboliser. Une accumulation de phénylalanine pendant la grossesse peut causer de graves malformations cérébrales chez le fœtus.
Tous les produits contenant de l'aspartame portent la mention : "Contient une source de phénylalanine".
Saccharine (E954) : le plus ancien édulcorant
Découverte en 1879, la saccharine est le doyen des édulcorants artificiels. Elle a été controversée dans les années 1970 suite à des études sur des rats.
DJA : 5 mg/kg de poids corporel par jour
Pour une femme de 65 kg : 325 mg/jour maximum.
Controverse historique et réhabilitation
- Années 1970 : études chez le rat montrant des cancers de la vessie à très fortes doses → saccharine quasi interdite aux USA
- Années 2000 : mécanisme identifié comme spécifique au rat, non transposable à l'humain → réhabilitation par la FDA
- Aujourd'hui : considérée comme sûre, mais de nombreux pays recommandent toujours de la limiter pendant la grossesse par précaution
Traverse le placenta
Contrairement à d'autres édulcorants, la saccharine traverse facilement le placenta et est éliminée lentement par le fœtus. Pour cette raison, plusieurs organismes de santé recommandent aux femmes enceintes de limiter voire éviter la saccharine, même si elle n'est pas formellement interdite.
Sucralose (E955) : généralement considéré comme sûr
Le sucralose (Splenda) est un édulcorant dérivé du sucre, mais modifié chimiquement pour ne pas être métabolisé par l'organisme.
DJA : 15 mg/kg de poids corporel par jour
Pour une femme de 65 kg : 975 mg/jour maximum.
Données pendant la grossesse
- Position FDA et EFSA : sûr pendant la grossesse aux doses normales
- Études animales : aucun effet tératogène (malformations) observé
- Données humaines limitées : peu d'études spécifiques sur la grossesse, mais pas de signal d'alerte
- Ne traverse pas facilement le placenta : contrairement à la saccharine
Préoccupations émergentes
Des études récentes (2023-2024) suggèrent que le sucralose pourrait affecter le microbiote intestinal et la régulation de la glycémie, mais ces données sont encore débattues et nécessitent confirmation.
Acesulfame-K (E950) : souvent combiné à d'autres édulcorants
DJA : 9 mg/kg de poids corporel par jour
Pour une femme de 65 kg : 585 mg/jour maximum.
Caractéristiques
- Traverse le placenta : détecté dans le liquide amniotique
- Peu d'études spécifiques sur la grossesse : données rassurantes mais limitées
- Souvent associé à l'aspartame : dans les sodas light pour masquer l'arrière-goût
- Non métabolisé : éliminé tel quel par les reins
Position des autorités
Considéré comme sûr par l'EFSA et la FDA aux doses normales, mais le manque de données spécifiques sur la grossesse justifie une consommation modérée par précaution.
Cyclamate (E952) : interdit aux États-Unis, autorisé en Europe
DJA : 7 mg/kg de poids corporel par jour
Pour une femme de 65 kg : 455 mg/jour maximum.
Statut réglementaire variable
- Interdit aux États-Unis depuis 1969 : suite à des études sur des rats (cancers de la vessie)
- Autorisé en Europe, Canada, Australie : considéré comme sûr aux doses normales
- Recommandation pendant la grossesse : plusieurs pays européens conseillent de l'éviter par précaution
Préoccupations spécifiques
Le cyclamate traverse le placenta et peut être métabolisé par certaines bactéries intestinales en une substance appelée cyclohexylamine, dont les effets sur le fœtus sont mal connus.
Stevia (E960) : l'édulcorant "naturel"
La stevia est extraite des feuilles de Stevia rebaudiana, une plante d'Amérique du Sud. Elle est souvent présentée comme une alternative "naturelle" aux édulcorants de synthèse.
DJA : 4 mg/kg de poids corporel par jour (pour les glycosides de stéviol purifiés)
Pour une femme de 65 kg : 260 mg/jour maximum.
Profil de sécurité pendant la grossesse
- Généralement considérée comme sûre : EFSA, FDA, OMS approuvent son utilisation
- Études animales rassurantes : pas d'effet tératogène aux doses normales
- Données humaines limitées : peu d'études spécifiques pendant la grossesse
- Usage traditionnel : utilisée depuis des siècles en Amérique du Sud sans problème rapporté
Attention aux extraits non purifiés
Les glycosides de stéviol purifiés (E960) sont considérés comme sûrs. En revanche, les extraits bruts de feuilles de stevia (non purifiés) ne sont pas approuvés en Europe et aux USA car ils peuvent contenir d'autres composés dont les effets sont mal connus.
Privilégiez les produits portant la mention E960 ou "glycosides de stéviol".
Tableau comparatif : profil de sécurité des édulcorants pendant la grossesse
| Édulcorant |
DJA (mg/kg/jour) |
Traverse le placenta |
Position officielle |
Recommandation prudente |
| Aspartame (E951) |
40 |
Oui |
Sûr (sauf PCU) |
Consommation modérée |
| Saccharine (E954) |
5 |
Oui (éliminée lentement) |
Sûre, mais éviter par précaution |
À limiter fortement |
| Sucralose (E955) |
15 |
Peu |
Sûr |
Consommation modérée OK |
| Acesulfame-K (E950) |
9 |
Oui |
Sûr (données limitées) |
Consommation modérée |
| Cyclamate (E952) |
7 |
Oui |
Sûr en Europe, interdit USA |
À éviter par précaution |
| Stevia (E960) |
4 |
Données limitées |
Sûre |
Meilleur choix "naturel" |
Où se cachent les édulcorants artificiels ?
Les édulcorants sont présents dans de nombreux produits du quotidien, souvent de manière insoupçonnée :
Aliments et boissons évidents
- Sodas "light", "zero", "sans sucre" : Coca-Cola Zero, Pepsi Max, etc.
- Chewing-gums sans sucre : quasiment tous en contiennent
- Bonbons sans sucre : souvent à base de polyols + édulcorants intenses
- Yaourts 0% ou allégés : vérifiez les étiquettes
- Desserts lights : flans, mousses, crèmes dessert allégées
Produits où on ne les attend pas
- Médicaments : sirops, comprimés à croquer, sachets effervescents
- Dentifrices : certains contiennent de la saccharine ou du sorbitol
- Bains de bouche
- Compléments alimentaires : vitamines à croquer, poudres protéinées
- Eaux aromatisées "zéro calorie"
- Sauces et condiments allégés : ketchup light, vinaigrettes 0%
Comment lire les étiquettes : repérer les édulcorants
En Europe, les édulcorants doivent obligatoirement figurer dans la liste des ingrédients. Voici comment les identifier :
Codes E à surveiller
- E950 : Acesulfame-K
- E951 : Aspartame (+ mention "contient une source de phénylalanine")
- E952 : Cyclamate
- E954 : Saccharine
- E955 : Sucralose
- E960 : Glycosides de stéviol (stevia)
- E961 : Néotame
- E962 : Sel d'aspartame-acesulfame
- E969 : Advantame
Mentions sur l'étiquette
- "Avec édulcorant(s)"
- "Sans sucre" (= contient souvent des édulcorants)
- "Light", "Zéro", "0%"
- "À teneur réduite en sucres"
Astuce de lecture
La liste des ingrédients est triée par ordre décroissant de quantité. Si un édulcorant apparaît en début de liste, le produit en contient beaucoup. S'il apparaît en fin de liste, la quantité est faible.
Édulcorants et microbiote intestinal : nouvelles préoccupations
Des recherches récentes (2022-2024) suggèrent que certains édulcorants artificiels pourraient modifier la composition du microbiote intestinal, avec des conséquences potentielles sur :
- Le métabolisme du glucose : risque accru d'intolérance au glucose et de diabète de type 2
- La régulation de l'appétit : paradoxalement, certains édulcorants pourraient augmenter l'appétit
- L'inflammation intestinale
- La transmission mère-enfant du microbiote : pendant la grossesse et l'allaitement
Édulcorants les plus concernés
Selon les études disponibles :
- Saccharine : effets les plus marqués sur le microbiote
- Sucralose : également impliqué
- Aspartame : données contradictoires
- Stevia : effets moindres, voire positifs selon certaines études
État de la recherche
Ces données sont encore préliminaires et débattues. Les autorités sanitaires surveillent activement ce domaine, mais n'ont pas encore modifié leurs recommandations officielles. Cependant, cela renforce l'argument en faveur du principe de précaution pendant la grossesse.
Référence clé : Suez J, Cohen Y, Valdés-Mas R, et al. "Personalized microbiome-driven effects of non-nutritive sweeteners on human glucose tolerance." Cell. 2022;185(18):3307-3328.e19. DOI: 10.1016/j.cell.2022.07.016
Cas particulier : diabète gestationnel et édulcorants
Le diabète gestationnel touche environ 6 à 8% des grossesses en France. Dans ce cas, le contrôle de la glycémie est crucial pour la santé de la mère et du bébé.
Édulcorants autorisés en cas de diabète gestationnel
Si vous avez un diabète gestationnel, votre médecin ou diététicienne peut vous recommander l'utilisation modérée d'édulcorants pour :
- Remplacer le sucre dans le café, thé, desserts
- Consommer des produits "sans sucre" pour éviter les pics glycémiques
- Maintenir une alimentation variée et agréable malgré les restrictions
Édulcorants privilégiés en cas de diabète gestationnel
| Édulcorant |
Impact glycémique |
Recommandation |
| Sucralose (E955) |
Aucun |
Bon choix |
| Stevia (E960) |
Aucun |
Bon choix |
| Aspartame (E951) |
Aucun |
Acceptable (sauf PCU) |
| Acesulfame-K (E950) |
Aucun |
Acceptable |
| Saccharine (E954) |
Aucun |
À éviter de préférence |
Important
Discutez toujours avec votre équipe médicale (diabétologue, diététicienne, sage-femme) avant de modifier votre alimentation. Le diabète gestationnel nécessite un suivi personnalisé.
Meilleures alternatives aux édulcorants artificiels pendant la grossesse
Si vous souhaitez limiter les édulcorants artificiels, voici des alternatives :
1. Consommation modérée de sucres naturels
- Sucre classique (saccharose) : en petites quantités, bien toléré
- Miel : riche en antioxydants, pouvoir sucrant supérieur au sucre (pasteurisé uniquement)
- Sirop d'érable pur : contient des minéraux (magnésium, zinc)
- Sucre de coco : index glycémique plus bas que le sucre blanc
Attention
Ces alternatives restent des sucres et apportent des calories. À consommer avec modération, surtout en cas de surpoids ou de risque de diabète gestationnel.
2. Fruits frais
Les fruits apportent un goût sucré naturel + fibres + vitamines + antioxydants :
- Fruits rouges dans les yaourts nature
- Banane écrasée dans les pâtisseries maison
- Compote de pommes sans sucre ajouté
- Dattes mixées (très sucrantes et riches en fibres)
3. Rééduquer votre palais
- Réduire progressivement : diminuez petit à petit le sucre dans le café/thé
- Privilégier les saveurs naturelles : vanille, cannelle, cacao pur
- Boire de l'eau plate ou pétillante : plutôt que des sodas (même light)
Principe de précaution : quelle consommation pendant la grossesse ?
Compte tenu des données scientifiques actuelles, voici les recommandations basées sur le principe de précaution :
Recommandations pratiques
- Limitez la consommation globale d'édulcorants : ne pas en consommer quotidiennement
- Variez les types : ne vous limitez pas à un seul édulcorant
- Restez largement en dessous de la DJA : les DJA sont des seuils maximaux, pas des objectifs
- Privilégiez la stevia (E960) ou le sucralose (E955) : profils de sécurité les plus rassurants
- Évitez la saccharine (E954) et le cyclamate (E952) : par précaution
- Lisez systématiquement les étiquettes : traquez les codes E950-E955
- Contre-indication absolue aspartame si PCU : phénylcétonurie
- En cas de diabète gestationnel : discutez avec votre médecin
Consommation occasionnelle vs régulière
- Consommation occasionnelle (1-2 fois par semaine) : probablement sans risque pour la plupart des édulcorants approuvés
- Consommation quotidienne importante : recommandée d'éviter par précaution, surtout pour saccharine et cyclamate
Recommandations officielles des autorités sanitaires
France : ANSES et Santé Publique France
ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) considère que les édulcorants autorisés en Europe sont sûrs aux doses admissibles, y compris pour les femmes enceintes. Cependant, l'agence rappelle le principe de précaution et recommande de ne pas en abuser.
Santé Publique France recommande aux femmes enceintes de :
- Privilégier une alimentation équilibrée et variée
- Limiter les produits ultra-transformés (qui contiennent souvent des édulcorants)
- Consommer les édulcorants avec modération
Europe : EFSA (European Food Safety Authority)
L'EFSA a établi des DJA pour tous les édulcorants autorisés en Europe après évaluation rigoureuse. Ces DJA s'appliquent à toute la population, y compris les femmes enceintes.
L'EFSA réévalue régulièrement la sécurité des édulcorants. La dernière réévaluation complète de l'aspartame date de 2013 (réaffirmée en 2021).
États-Unis : FDA (Food and Drug Administration)
La FDA considère les édulcorants suivants comme GRAS (Generally Recognized As Safe) pour les femmes enceintes :
- Aspartame (sauf PCU)
- Acesulfame-K
- Sucralose
- Saccharine (bien que déconseillée par certains médecins)
- Stevia (glycosides de stéviol purifiés)
- Néotame
- Advantame
Note : le cyclamate reste interdit aux États-Unis depuis 1969.
OMS (Organisation Mondiale de la Santé)
En mai 2023, l'OMS a publié de nouvelles recommandations déconseillant l'utilisation d'édulcorants non nutritifs (ENS) pour contrôler le poids corporel ou réduire le risque de maladies non transmissibles.
L'OMS souligne que :
- Les édulcorants n'aident pas à perdre du poids à long terme
- Leur consommation régulière pourrait avoir des effets indésirables (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires)
- Cette recommandation s'applique à tous, y compris les femmes enceintes
Référence : WHO guideline on use of non-sugar sweeteners. Geneva: World Health Organization; 2023. ISBN 978-92-4-006831-7
Résumé : les points essentiels à retenir
- Les édulcorants approuvés sont considérés comme sûrs aux doses normales par l'EFSA et la FDA
- Principe de précaution recommandé : limiter la consommation pendant la grossesse
- Stevia (E960) et sucralose (E955) : meilleurs profils de sécurité
- Saccharine (E954) et cyclamate (E952) : à éviter par précaution
- Aspartame et PCU : contre-indication absolue en cas de phénylcétonurie
- Les DJA sont difficiles à atteindre avec une consommation normale
- Lire les étiquettes : repérer les codes E950-E955, E960
- Microbiote intestinal : préoccupations émergentes, recherches en cours
- Diabète gestationnel : discutez avec votre médecin de l'utilisation d'édulcorants
- Privilégier une alimentation variée : limiter les produits ultra-transformés
Sources scientifiques et références médicales
Études scientifiques majeures
-
Azad MB, Sharma AK, de Souza RJ, et al.
"Association Between Artificially Sweetened Beverage Consumption During Pregnancy and Infant Body Mass Index."
JAMA Pediatrics. 2016;170(7):662-670.
DOI: 10.1001/jamapediatrics.2016.0301
PMID: 27159792
→ Étude canadienne suggérant un lien entre édulcorants artificiels et surpoids infantile
-
Suez J, Cohen Y, Valdés-Mas R, et al.
"Personalized microbiome-driven effects of non-nutritive sweeteners on human glucose tolerance."
Cell. 2022;185(18):3307-3328.e19.
DOI: 10.1016/j.cell.2022.07.016
PMID: 35987213
→ Étude montrant les effets des édulcorants sur le microbiome et la glycémie
-
Pang MD, Goossens GH, Blaak EE.
"The Impact of Artificial Sweeteners on Body Weight Control and Glucose Homeostasis."
Front Nutr. 2021;7:598340.
DOI: 10.3389/fnut.2020.598340
PMID: 33490098
→ Revue sur les effets métaboliques des édulcorants artificiels
-
Magnuson BA, Carakostas MC, Moore NH, Poulos SP, Renwick AG.
"Biological fate of low-calorie sweeteners."
Nutr Rev. 2016;74(11):670-689.
DOI: 10.1093/nutrit/nuw032
PMID: 27753624
→ Revue sur le métabolisme et l'élimination des édulcorants
-
Chatzi L, Rifas-Shiman SL, Georgiou V, et al.
"Adherence to the Mediterranean diet during pregnancy and offspring adiposity and cardiometabolic traits in childhood."
Pediatr Obes. 2017;12 Suppl 1(Suppl 1):47-56.
DOI: 10.1111/ijpo.12191
PMID: 28299906
→ Étude sur l'alimentation maternelle et la santé métabolique de l'enfant
-
Sylvetsky AC, Rother KI.
"Nonnutritive Sweeteners in Weight Management and Chronic Disease: A Review."
Obesity (Silver Spring). 2018;26(4):635-640.
DOI: 10.1002/oby.22139
PMID: 29570238
→ Revue critique sur l'efficacité des édulcorants pour la gestion du poids
-
Stanhope KL.
"Sugar consumption, metabolic disease and obesity: The state of the controversy."
Crit Rev Clin Lab Sci. 2016;53(1):52-67.
DOI: 10.3109/10408363.2015.1084990
PMID: 26376619
→ Analyse des controverses sur sucres et édulcorants
-
EFSA Panel on Food Additives and Nutrient Sources.
"Scientific Opinion on the re-evaluation of aspartame (E 951) as a food additive."
EFSA Journal. 2013;11(12):3496.
DOI: 10.2903/j.efsa.2013.3496
→ Réévaluation complète de l'aspartame par l'EFSA (réaffirmée en 2021)
Recommandations officielles françaises
-
ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire)
"Avis relatif à l'évaluation des risques liés à la consommation d'édulcorants intenses"
Saisine n° 2011-SA-0161, 2015
Accessible sur : www.anses.fr
-
Santé Publique France
"Recommandations relatives à l'alimentation, à l'activité physique et à la sédentarité pour les femmes enceintes et allaitantes"
Mise à jour 2023
Accessible sur : www.santepubliquefrance.fr
-
Haute Autorité de Santé (HAS)
"Comment mieux informer les femmes enceintes - Recommandations pour les professionnels de santé"
Avril 2005, mise à jour 2022
Accessible sur : www.has-sante.fr
Recommandations internationales
-
EFSA (European Food Safety Authority)
"Sweeteners - Scientific Opinion and Reports"
Base de données complète sur tous les édulcorants autorisés en Europe
Accessible sur : www.efsa.europa.eu
-
FDA (Food and Drug Administration - USA)
"Additional Information about High-Intensity Sweeteners Permitted for Use in Food in the United States"
Dernière mise à jour 2023
Accessible sur : www.fda.gov
-
Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
"WHO guideline on use of non-sugar sweeteners"
Publié en mai 2023
ISBN: 978-92-4-006831-7
Accessible sur : www.who.int
-
ACOG (American College of Obstetricians and Gynecologists)
"Nutrition During Pregnancy"
FAQ001, dernière révision 2023
Accessible sur : www.acog.org
-
Santé Canada
"Édulcorants"
Guide à l'intention des consommateurs, mise à jour 2023
Accessible sur : www.canada.ca
-
JECFA (Joint FAO/WHO Expert Committee on Food Additives)
"Safety evaluation of certain food additives and contaminants - Sweeteners"
WHO Food Additives Series, multiples publications
Accessible via : JECFA Database
Ressources complémentaires
-
IARC (International Agency for Research on Cancer)
"IARC Monographs on the Identification of Carcinogenic Hazards to Humans - Aspartame"
Volume 134, publié juillet 2023
Classification : Groupe 2B (possiblement cancérogène, à très fortes doses)
-
Réseau NACRe (Réseau National Alimentation Cancer Recherche)
"Édulcorants intenses : état des lieux"
Fiche repère, 2023
Accessible sur : www.e-cancer.fr
Note importante : Cet article a été rédigé à des fins d'information et de prévention. Les sources citées proviennent d'organismes de santé publique reconnus et de publications scientifiques indexées. Chaque grossesse est unique : consultez toujours votre médecin, sage-femme ou diététicienne pour des conseils personnalisés adaptés à votre situation (diabète gestationnel, PCU, allergies, etc.).